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 Ordinaire journée [Pv: Constance de Montesquieu]

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Deanna Hicks
Ophidian
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Date d'inscription : 11/10/2010

MessageSujet: Ordinaire journée [Pv: Constance de Montesquieu]   Mar 19 Oct - 17:51

< Ordinaire journée >
Avec Deanna Hicks et Constance de Montesquieu

Le matin se lève avec le doux chant des oiseaux. À l'extérieur, les plus matinaux sont déjà debout au travail. La journée risque d'être longue et dure, car malgré le fait que nous soyons encore qu'en automne, le temps se montre peu clément. Des pluies éparses et un vent froid refroidissant l'atmosphère se montrent de plus en plus souvent à Fair Arbor. Le temps se fait sombre ainsi que les mines sinistres des clients qui rentrent à l'auberge très souvent le soir. Alors que Deanna était entrain de coiffer sa longue chevelure blonde devant un petit miroir disposé sur une petite table tenant à peine debout, elle pensait aux pauvres agriculteurs. Obligés de travailler dehors par un temps pareille à s'occuper des champs et des bêtes. Peut-être ira-t-elle rendre visite à certain d'entre eux avec un bon morceau de pain grillé parfumé à l'aile et à la tomate dans l'après-midi pour leurs porter un peu de soutient. Mais pour l'instant, elle devait se dépêcher de se préparer ou elle finirait en retard pour le petit déjeuné. Et elle savait au combien Byron détestait la savoir en retard, ne serait-ce que d'une toute petite seconde. Le temps est une chose sacrée dans le travail et les affaires, alors il n'est pas tolérable d'en perdre une seule miette. C'est pour cette raison qu'elle termina de coiffer ses cheveux et de les nouer en une haute queue en vitesse et descendis à la cuisine en enfilant par la même occasion son tablier.

Dévalant les escaliers, bousculant un ou deux client encore endormit en s'excusant, la serveuse de l'auberge La Peur de l'or débarqua en fracas dans la cuisine devant un patron plutôt mécontent qui la regarda d'un œil mauvais. Oula ça sentait le roussit par ici et c'était elle qui aller encore prendre. En même temps, c'était elle qui était en retard de deux minutes. Elle avait un peu trop rêvassé lors du brossage de ses cheveux. Combien de fois c'était-elle jurée de ne plus le faire? Elle était vraiment incorrigible, mais en même temps, ce petit côté rêvasserie avait son charme sur elle. Enfin, c'est ce que lui disait souvent les clients quand elle était là, à rêvasser plutôt qu'à faire son travail. Se redressant et ramassant les chaises et autres objets diverses qu'elle avait fait tombé lors de son arrivé, la blonde écouta l'aubergiste la sermonner d'une oreille plutôt distraite, après tout, elle le connaissait le refrain: « Comment ose-tu être en retard! C'est moi qui t'héberge et te nourris! En plus de ça, je te donne de l'argent de poche pour que tu puisse aller t'amuser un peu de temps en temps et voilà le résultat. Tu n'es pas capable d'être à l'heure et puis ce n'est pas tout, mademoiselle nous fait un bruit à réveiller tous les clients et patati et patata... » Oui oui c'est bon, elle est désolée. Elle tâchera d'être à l'heure et d'être plus discrète la prochaine fois. Une fois le sermon passé, tous deux purent se mettre à table pour un bon petit déjeuné bien copieux. La miss avala un café bien chaud avec deux tartines couvertes d'une fine couche de fromage et un jus de fruit pressé par son patron ce matin-même. Elle le savait, car la bouteille n'était pas sortie et il restait sur le plan de travail les restes de fruits vidées de leurs jus ainsi que le pressoir. Alors elle sourit, se leva et embrassa le vielle homme sur la joue avant de déposé la vaisselle salle dans l'évier. Elle jeta aussi les restes des fruit dans la poubelle et prépara alors les jus de fruit, puis coupa le pain en tranche avant de passer aux boissons chaudes. Quand le tout fut finit, elle put entendre les premiers clients arriver en salle. C'est donc avec joie et bonne humeur qu'elle sortit de la petite pièce et débarqua pour le plus grand bonheur des clients dans le réfectoire. Attendant que tout le monde s'installe, elle rangea ce qu'elle pouvait dans le bar puis partie prendre les premières commandes.
    “▬ Bonjour M. Rohan, la nuit fut-elle bonne? J'espère que vous n'avez pas été dérangé dans votre sommeille. J'en serait forte confuse.
    ▬ Ne vous inquiétez pas ma petite. Ce n'est pas un aventurier comme moi qui se fera déranger par quelques petits jeunes bien trop actif durant la nuit. Mais sert moi plutôt un bon café comme tu sais si bien le faire avec une tartine couverte de jambon. Rien de t-elle pour démarrer une bonne journée.
    ▬ Et vous avez bien raison. Il faut que vous preniez des forces, votre route va être longue cet après-midi.

Et c'est ainsi que la matinée se passa. Elle prit commande, discuta un peu avec les clients, se fit reprendre à l'ordre par Byron, joua un peu avec les enfants quand tout le monde fut servit, puis alla faire les chambres. Car elle avait beau être officiellement serveuse, elle avait bien de nombreux poste dans cette petite auberge. Le patron, bien trop attaché à son argent refusait d'engager quelqu'un d'autre à temps plein, alors elle se retrouvait à devoir faire aussi femme de ménage et nourrice quand les parents le demander. D'ailleurs, aujourd'hui après que madame Verneuille eut fini de prendre son petit déjeuné avec son fils, elle pria la serveuse de s'en occuper pour la journée, car celle-ci devait aller voir de toute urgence un de ses vieux oncles qui était hélas fort malade. Et donc, le petit Hilius se retrouva à la garde de Deanna. Ce n'était d'ailleurs pas la première fois que cela arrivait et le petit garçon avait pris l'habitude de venir en aide à la jeune femme. S'occupant de faire les lits pendant qu'elle faisait les poussières et aérait les pièces. Puis, quand toutes les chambres furent faites, que les salles de douche furent nettoyé et toute les tables du réfectoire nettoyé c'était l'heure du service du midi. Alors la serveuse pria le jeune garçon d'aller s'assoir à une table bien gentiment. Elle lui donna une feuille et un crayon pour qu'il puisse dessiner en attendant que l'heure du repas arrive pour eux. Le midi fut assez chargé. Il y avait beaucoup de client et la blonde soupçonna le mauvais temps. Elle entraperçut d'ailleurs Byron, dans un coin de la cuisine qui semblait, lui fort bien heureux de cet arrivage. Il fallait bien s'en douter. Un tel taux de client allait lui rapporter un gros chiffre d'affaire. Et lui, les gros chiffre d'affaire il aimait ça. Avec le temps, Deanna l'avait apprit. Alors elle essaya d'être aussi rapide et efficace qu'elle le pouvait. Ce n'était pas facile, mais elle avait apprit à slalomer entre les tables et les clients.

À treize heure, elle servait encore les derniers clients. Elle devrait manger sur le pouce ce midi. Mais pas le petit Hilius. Alors, comme promit, elle alla le voir et lui demanda si un bon ragout de mouton lui allait pour ce midi et visiblement ce n'était pas un petit garçon difficile puisqu'il accepta immédiatement. Elle lui ébouriffa les cheveux et partit aussitôt lui chercher son assiette. En même temps elle débarrassa celle d'un couple venue visiblement ici pour faire une escale avant de repartir. Cela la fit d'ailleurs sourire en les entendant se parler avec de doux mots. Ils devaient être ensemble depuis peu de temps visiblement car la routine ne les avaient pas encore rongée. Une fois dans la cuisine, elle en profita pour avaler une cuillère de sa part de ragoût avant de repartir. Quand elle poussa la porte pour sortir de la pièce, elle entendit son patron lui dire de prendre une pause de cinq minutes pour manger mais elle ne s'en préoccupa pas et préféra lui répondre:
    “▬ Y'a encore beaucoup de client. Faut que je m'en occupe.

Et elle s'en occupa, jusque quatorze heure. À ce moment là de la journée, les clients se fessaient plus rare. La plus part étaient repartie au travail ou bien reprenait leur route. Pour d'autre, ils avaient bien d'autre occupation dont Deanna ne s'en soucia guère. Pour l'instant, elle devait nettoyer la salle de repas avant l'arrivé des premiers clients de l'après midi. D'ailleurs, le petit Verneuille décida de lui venir en aide et balleya le sol avec conviction. Byron s'amusa de la situation et annonça au garçon qu'il ferait un bon serveur et que plus tard, il l'engagerait. Cela fit rire tout le monde, même les rares clients restés ici.

    “▬ Moi plus tard, annonça Hilius, je serais aussi fort que M. Byron, aussi agile et gentil que Deanna et je serais aussi doué que Adriel!

Car oui, le petit garçon connaissait le musicien. D'ailleurs, il était toujours en admiration face à la musique de celui-ci et voulait lui aussi apprendre à jouer d'un instrument. Mais sa pauvre mère n'avait pas les sous et le temps pour.

Vers quinze heure, Deanna abandonna l'aubergiste avec le petit garçon pour faire le tour des paysan et fermier du coin afin de leur tenir un peu compagnie et de leur apporter un petit casse croûte pour leur redonner des forces. Quand ils rentrèrent à La Peur de l'or, il y avait un peu plus de monde. La jeune femme rangea alors son manteau, changea de chaussure et pria Hilius d'aller se laver, car le petit n'avait pas résisté et avait joué dans la boue. Pendant ce temps-là, elle ré-enfila son tablier et reprit le service. En généralité, l'après midi était souvent plus fatiguant que le midi ou le matin, voir même le soir. Pourquoi? Car c'était souvent des buveurs bavards, violents et peu discret qui occupé principalement la salle. Rien de bien méchant, juste une bonne dose de joie de vivre mélangée à de l'alcool. Mais pour la serveuse c'était souvent fatiguant car il fallait qu'elle calme les conflits, qu'elle se fraye un passage parmi tout ces gens bavards. Bien plus dure que le midi.
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Constance de Montesquieu
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MessageSujet: Re: Ordinaire journée [Pv: Constance de Montesquieu]   Ven 22 Oct - 14:07

La journée était bien avancée déjà, et Constance n’était pas mécontente de tout le chemin qu’elle avait parcouru depuis le lever du soleil. Quand elle était passée près d’une ferme isolée tout à l’heure, on avait sursauté à son approche. Ça n’était pas rare. Mais aujourd’hui, ça pouvait être pour deux raisons. D’abord, cette femme plutôt grande, vêtue d’un long manteau de fourrure, marchait avec dans les mains les extrémités de deux chaînes aux maillons larges. Et au bout de chacune de ces lourdes chaînes étaient deux larges colliers métalliques qui encerclaient les gorges de deux ours bruns. Ceux-ci étaient fatigués par le voyage. Elle les faisait marcher depuis trois jours depuis les montagnes qui séparaient Fair Arbor de la Terre Triple. Ils allaient à pas lents et pesants, la tête ballotant au gré de leurs pas, la langue à terre. Il fallait dire que le soleil de midi les avait plutôt assommés tout à l’heure. Ils longeaient l’océan mais elle devait les empêcher d’y boire; l’eau salée ne ferait que leur donner plus soif encore. Les deux pauvres bêtes ne comprenaient pas pourquoi leur maîtresse les empêchait d’aller s’abreuver. S’ils avaient été doté de la moindre once de bon sang, elle aurait leur expliquer, avec des mots, que ça n’était pas bon pour eux. Mais essayez d’aller faire comprendre à une grosse bestiole poilue que l’eau de la mer n’est pas la même que celle des rivières. Et puis après tout … d’après les voyages qu’elle avait fait auparavant, elle ne devait pas être bien loin des terres des Malyns. Terres magnifiques qui étaient traversées par une rivière qui se jetait dans l’océan. Non. Elle ne devait pas être loin de cette terre. Elle s’arrêta un moment, observa le paysage. L’ourse continua de marcher jusqu’à atteindre sa hauteur, glissa sa grosse tête velue sous la main de Constance. Distraite, elle gratta machinalement la fourrure. Elle reconnut le croche dans le chemin dans les hautes herbes. Elle fit claquer sa langue et elle reprit sa marche, obliquant vers la droite. Ils en avaient pour une heure environ avant d’entendre le bruit de l’eau sur les galets. Par la Lumière, elle se roulerait dedans avec plaisir. Elle avait depuis le matin épuisé ses réserves d’eau, les partageant avec ses bêtes. Et même si la température était plus fraiche de ce côté de la montagne, elle avait l’impression que sa bouche avait avalé une pelletée de sable provenant de la Terre Triple. Elle grommela. Et elle avait vidé sa flasque de rhum, aussi. Et l’alcool n’avait bien sûr pas étanché sa soif.

« Ça sera plus bien long, mes beautés. »

Et comme de fait, après le temps qu’elle avait estimé avec justesse, elle entendit le bruit de l’eau. Ses compagnons aussi. Ils redressèrent la tête et se remirent à avancer avec plus d’énergie. Ils la devancèrent même et la forcèrent à forcer l’allure, ce qu’elle fit non sans grommeler un peu. Elle lâcha leur chaîne quand la rivière fut en vue. Ils y coururent, mais s’assirent devant le flot et attendirent. Eh bien … ils savaient encore se tenir malgré la soif. Elle les rattrapa, retira son manteau et le plia pour le déposer dans l’herbe puis elle s’agenouilla et plongea les mains dans l’eau pour s’asperger le visage et se dessécher la gorge. L’eau lui fit l’impression d’être du cristal liquide. Elle était divinement fraîche. Après un instant elle se releva, défit les lourds colliers de métal du coup de ses protégés et les envoya d’un signe se baigner dans l’eau. Elle s’assit alors par terre, les regarda s’amuser comme des enfants, et poussa un soupir de fatigue. Elle aussi avait été fatiguée par le voyage. Plus qu’elle ne voudrait le montrer à qui que ce soit.

Juste comme cette pensée effleura son esprit, elle entendit la rumeur de voix enfantines au loin. Des voix qui s’approchaient à grande vitesse. Nouveau soupir. Elle se força à se relever, essuya l’herbe qui maculait ses chausses et se retourna juste à temps pour avoir une petite portée de trois enfants qui lui sautaient dans les bras.

« Constance ! »

Le reste de ce qu’ils dirent se perdit dans la confusion parce qu’ils parlaient tous en même temps. Parler était un bien grand mot. Le plus jeune se contentait de produire des gazouillements enfantins. Elle leur sourit, leur ébouriffa les cheveux et les laissa se rouler dans son immense manteau de fourrure. Ils n’approchaient pas de la rivière où s’épanchaient les ours; elle leur avait répété au moins un million de fois à quel point c’était dangereux. Une voix plus grave lui parvint et elle se retourna, ouvrant les bras à ce bon vieux John Malyns qui l’accueillait toujours chez lui comme il le ferait d’une sœur. Il sentait le paysan, un mélange de foin fraichement coupé et de sueur virile. Il sentait aussi la purée. Une tache assez large en maculait son épaule. Probablement son petit dernier qui la lui avait régurgitée sur l’épaule. Elle le gratifia d’une bonne claque entre les deux omoplates et partit de son grand rire grave.

« Ça fait diablement longtemps qu’on ne t’avait pas vue par ici, Constance. »

Ça, c’était la deuxième raison pour laquelle son apparition près de Fair Arbor pouvait surprendre. Elle pouvait y passer plusieurs mois, présenter son spectacle dans plusieurs coins de la région, même dans les campagnes les plus reculés pour le plaisir d’un ou deux spectateurs. De toute façon, son plus grand revenu, elle se le faisait dans les tripots en jouant aux dés et aux cartes. Et elle le dépensait aussitôt en alcool ou, dans une optique plus pratique, en viande séchée. Oui. Elle voyageait d’un village à l’autre. Mais il lui arrivait parfois de disparaitre de Fair Arbor pendant des semaines, des mois. Ce qu’elle faisait alors, personne ne le savait. Malyns était persuadé qu’elle avait un amant chez qui elle se réfugiait, ou alors qu’elle retenait prisonnier de force en plaçant des bêtes féroces tout autour. Cette idée ne manquait jamais de la faire rire tant elle était loufoque et probable à la fois. Son vieil ami la connaissait très bien, et il savait aussi très bien qu’aucun homme ne resterait avec elle sinon qu’il y soit forcé.

Ils échangèrent des nouvelles. Il parla de la difficulté qu’il avait à tenir la ferme seul, et élever les enfants depuis que sa douce Eleanor était décédée l’année dernière. Toujours pas de nouvelle femme dans sa vie. Il n’avait pas le temps d’y voir, disait-il. Les enfants tournoyaient autour d’eux, ne s’approchaient jamais de trop près des ours. Constance l’interdisait. John lui avait dit un jour qu’elle était trop prudente, que si elle mettait sa tête dans la gueule de ses bêtes, elle pouvait bien laisser un ou deux enfants les caresser. Elle le permettait dans ses représentations. « Avec des inconnus, me dérange pas. Mais j’espère, John, que tu tiens à tes enfants plus qu’à des étrangers ! » avait-elle répondu. Elle connaissait ses bêtes, les avait dressées avec férocité et autorité. Elle avait acquis son rang de chef auprès d’eux. Elle ne pouvait pas prendre le risque pour les enfants d’un ami.

« Je resterai pas bien longtemps. Juste le temps de remplir mon outre avec l’eau de ta rivière. J’aimerais être au village avant le coucher du soleil. »

« On ne peut pas retenir le vent quand il passe. C’est la même chose avec toi. »

Il lui fit encore promettre qu’un jour elle viendrait dîner chez lui. Elle promit. Cela faisait trois ans qu’elle lui faisait cette promesse et elle ne l’avait toujours pas honorée. Il lui souhaita bon voyage et repartit avec ses enfants vers la petite chaumière qu’ils habitaient, à quelque centaine de mètres sur le haut d’une petite colline. Elle fit un bruit avec sa gorge et ses bêtes, étendues à moitié dans l’eau, se relevèrent et vinrent à elle. Elle leur remit leurs chaînes, et la marche reprit.

Il devait être environ le milieu de l’après-midi quand trois heures plus tard elle arriva dans le port de Fair Arbor. Quelques passants la saluèrent, d’autres s’éloignèrent. Sa réputation était forte, la précédait. Mais la réaction à celle-ci était variable. Plusieurs personnes l’appréciaient pour ses spectacles ou pour sa bonhomie. D’autres la détestaient cordialement parce qu’ils accumulaient les dettes envers elle ou parce qu’elle les avait battus au bras de fer. Personne ne s’approchait de trop près, à cause des ours qui regardaient tout autour avec intérêt. On aurait dit que d’un voyage à l’autre, ils oubliaient ce que c’était que la civilisation. Elle vit, au bout de la route, la pancarte de La Peur de l’or, panneau de bois qui battait au vent. Car ici, près de l’eau, était fort. Et il sentait le poisson. Les ours se léchaient les babines. Elle aussi. Elle avait faim. Elle passa derrière l’auberge et attacha les chaînes de ses compagnons sur un anneau de fer qui servait à retenir les bateaux arrivés au quai. Puis elle revint sur ses pas et entra dans l’auberge avec fracas, faisant claquer la porte sur le mur. Il y avait foule. Mais elle réussit à se trouver une table où elle étendit ses pieds bottés et épuisés.

« Eh Logres ! »

Elle n’était pas venue pour rien à cette auberge précisément. Il y avait une tonne de gens qui lui devaient de l’argent. En se tournant vers le bar, elle surprit du regard quelques pauvres types qui lui lancèrent un regard noir avant de quitter la place.

« Oublie les dix écus que tu me dois et fais moi servir ta meilleure ale, avec un repas consistant, et bon, si possible ! Et fais envoyer deux kilos de poisson à l’arrière. Mes bébés meurent de faim. »

Elle avait une voix très forte, et sa jovialité contrastait avec l’air ennuyé de l’aubergiste, qui avait l’air contrarié qu’on lui rappelle ses dettes.

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Merci à Vivi de ET.[/list:u]
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Deanna Hicks
Ophidian
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MessageSujet: Re: Ordinaire journée [Pv: Constance de Montesquieu]   Ven 22 Oct - 15:47

Elle croyait que pour une foie le tout se passerait bien, qu'il n'y aurait pas d'accrochage, pas de table qui serait cassé. Mais lorsque la porte claqua elle soupira. Généralement, cela annoncé rien de bon. Ignorant l'arrivante car elle était déjà pas mal occupé et que ce n'était pas encore dans ses tâches que d'accueillir les clients, elle retourna au bar chercher quelque pinte de bière. À ce moment là, elle put apercevoir quelques clients terminer leur consommation, payer rapidement Byron puis disparaître le plus discrètement possible. Un sourie s'afficha sur son visage alors que celui de son patron devenait de plus en plus sombre au fur et à mesure que les secondes passaient depuis l'arrivée de la femme. Deanna en devina rapidement la cause: il lui devait certainement de l'argent.
    “▬ Oublie les dix écus que tu me dois et fais moi servir ta meilleure ale, avec un repas consistant, et bon, si possible ! Et fais envoyer deux kilos de poisson à l’arrière. Mes bébés meurent de faim.

Elle avait mis dans le mille. Alors en retenant un rire, elle lança un regard amusé vers son patron puis partie servir les pintes que les clients avaient commandé à la table du fond près de l'escalier menant au chambres. Évidement, ces quatre là elle ne les aimait pas vraiment et ne s'y attarda pas. Elle n'avait pas envie de se faire peloter devant tout le monde par l'un deux qui auraient l'œil bien lubrique et un nez bien rougit par la dose d'alcool qu'ils avaient avalé. En effet, il devait déjà en être à leur sixième tournée. Elle soupira. Quand elle retourna près de l'aubergiste, celui-ci lui fit signe de servir la nouvelle arrivante. Par conséquent, elle attrapa une chope et la rempli de la meilleure bière que possédait le vielle homme et l'apporta à la demoiselle.
Quand elle la vie, elle réprima une grimace. D'où elle venait celle-là? Elle ne prenait même pas soin de son apparence. Elle sonnait plus l'impression d'être un homme qu'une femme. Et puis cette façon de ce tenir, les pieds sur la table... Et dire qu'elle venait de la nettoyer avec Hilius. D'ailleurs celui-ci profita de ce moment là pour arriver en courant dans les jambe de la blonde qui faillit en faire tomber la commande de cette femme. Le petite garçon lui fit un grand sourire, puis l'embrassa sur la joue avant de partir voir Byron. Tenant son plateau d'une main, elle époustoufla les plis que venait de faire le petit sur son tablier avant de s'adresser à la nouvelle arrivante.
    “▬ Excusez-moi, mais pourriez-vous retirer vos pieds de la table?

Elle déposa la boisson devant ceux-ci et se fit violence pour ne pas faire d'autre commentaire sur la mauvaise tenue de la femme.
    “▬ Je vous prierez aussi de nous excuser, mais l'heure du repas est déjà passé. Nous n'avons hélas plus rien de près dans les cuisines. Souhaitez-vous que je vous réalise quand même un petit repas rapidement afin que vous puissiez vous restaurer dans notre auberge? D'ailleurs, je me dois aussi de vous dire que nous n'avons pas de poisson. Mais si vous le désirez, je peux très bien aller commande au près du poissonnier qui habite un peu plus haut. Il est évident que si le tout de votre commande dépasse les dix écus d'or que vous doit mon patron, je vous demanderez de bien vouloir nous payer la différence des deux sommes.

Mais que croyez-vous? Qu'elle allait pouvoir attendre tranquillement qu'elle lui réponde? Bien évidemment que non. À peine avait-elle finit son discourt qu'un jeune client habitué du lieux l'interpella de sa voix grasse de paysan. Fermant les yeux puis les rouvrant elle se tourna vers lui. Bon, celui-ci avait l'air encore dans un état correcte, pas trop entamé par les effluves d'alcool et sa propre boisson. Alors avec un grand sourire elle lui demanda à distance ce qu'il désirez tout en restant près de la damoiselle dont elle était entrain de s'occuper à l'instant même.
    “▬ Bah, j'aimerais bien que tu danse un peu. L'après midi est triste, alors pourquoi pas nous égayer tout ça avec une belle petite danse?
    ▬ Je vous pris de m'excuser jeune homme, mais ce n'est pas le jour. Ce n'est que demain que le spectacle de danse aura lieu. Je ne peux me permettre de le faire actuellement.
    ▬ Roh, allez Deanna, tu peux bien nous offrir une belle petite danse!

C'était un client du fond, un habitué qui venait ici tous les soirs contre le grès de sa femme qui avait pris la parole. Puis d'autre voix s'ajoutèrent, réclamant une danse. La jeune femme ne savait que faire. Elle jeta un regard à l'aubergiste, mais celui-ci avait vite fait de disparaître elle ne sait où. Et mince, elle ne savait pas quoi faire. Puis, comme pour la faire céder, Hilius débarqua et la suplia de danser. Alors elle accepta, mais sous condition.
    “▬ Très bien, mais alors à partir de cet instant les consommations couterons le double.

Et oui, Byron l'avait bien éduqué. Toujours gagné de l'argent. Il fallait faire du profit, et après tout, il allait perdre dix pièces d'or avec cette femme dont elle ignorait toujours l'identité, alors autant lui en faire gagner un peu plus. Dans l'assemblée certaines voix se plaignirent et d'autres au contraire étaient elles très heureuse de cette nouvelle. Se retournant, elle adressa de nouveau la parole à la cliente qui semblait fâcher son patron au point que lui aussi disparaisse.
    “▬ Êtes-vous pressé pour votre commande ou puis-je exécuter une danse pour les autres occupant de la salle avant de m'occuper de vous?

Et oui, même si cette personne ne lui inspirait pas l'envie d'être aimable avec elle, elle était malheureusement obligée de l'être car après tout, c'était une cliente et elle se devait de servir les clients avec bonne humeur et politesse. Elle patienta donc sagement. Mais cette attente ne semblait pas au goût des hommes de la taverne. D'ailleurs elle se fit la remarque qu'elle voyait rarement des femmes dans l'auberge l'après-midi. Cette cliente qui lui faisait face était bien une des rares. Et quand il y en avait une, elle était souvent de passage pour venir chercher un paquet laissé ici par un autre client. Car oui, c'était une autre particularité de La Peur d'or. Elle pouvait aussi faire parfois office de mini poste. En fait, ils ne s'amusaient pas à parcourir toute la contré pour donner le courrier, mais elle pouvait parfois en récupérer le temps que le destinataire vienne le chercher.

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Constance de Montesquieu
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MessageSujet: Re: Ordinaire journée [Pv: Constance de Montesquieu]   Mar 26 Oct - 14:58

“▬ Excusez-moi, mais pourriez-vous retirer vos pieds de la table?

Quand c’est si gentiment demandé … Constance grimaça descendit les pieds par terre. Enfin presque. Elle avait besoin de les étendre ses jambes, alors elle tâtonna du pied pour attirer la chaise d’en face un peu plus près et y poser ses pieds. Sa posture générale n’en était pas améliorée; elle avait toujours l’air d’avoir passé la nuit dans une grange. Qu’on lui demande d’enlever ses grosses bottes de sur la table ne la dérangeait pas le moins du monde. Ce qui la contraria un peu, c’était que Logres n’avait rien de prêt pour elle dans sa cuisine. Elle lança un regard vers le comptoir, puis ramena son attention sur la jeune femme devant elle avec une moue contrite. Au moins, on lui offrait de lui préparer quelque chose.

« T’as ben beau ma grande. Mais si t’avais du pain pour me faire patienter, ça serait pas de refus. J’ai tellement faim que je pourrais bouffer un ours. »

Et elle éclata de rire, seule, bien entendu, à comprendre sa plaisanterie. Enfin, Logres pouvait comprendre mais en général, il se contentait de hocher la tête à ses plaisanteries, par pure courtoisie. Elle ne regarda pas vers le comptoir pour guetter sa réaction. Il devait s’être tiré en cuisine pour faire elle ne savait pas quoi et s’en fichait bien.

“▬ D'ailleurs, je me dois aussi de vous dire que nous n'avons pas de poisson. Mais si vous le désirez, je peux très bien aller passer commande auprès du poissonnier qui habite un peu plus haut. Il est évident que si le tout de votre commande dépasse les dix écus d'or que vous doit mon patron, je vous demanderez de bien vouloir nous payer la différence des deux sommes.

Constance jeta un petit regard vers la bourse gonflée d’air qui pendouillait à sa poche. Elle comptait se renflouer en fin de soirée, avec les gros joueurs. Mais pour l’instant, tout ce qu’elle avait pour se payer quelque chose, c’était la dette de Logres à son égard. Ça n’était vraiment pas pour rien qu’elle avait choisi cette auberge plutôt qu’une autre. Aucun établissement décent n’acceptait plus le crédit de la jeune femme, qui passait trop peu souvent au village pour régler ses comptes ponctuellement.

« Alors finalement ça ne sera qu’un kilo de poisson. Mes bestiaux sauront bien s’en contenter. »

Elle leur donnerait le supplément plus tard. Elle aurait pu commander n’importe quelle viande qui aurait pu reposer dans les cuisines de l’auberge, mais dans une ville portuaire comme Fair Arbor, le poisson était l’aliment qui coûtait le moins cher sur le marché. Et puis les ours adoraient ça. Mais avant que la serveuse n’ait pu lui répondre, elle fut entraînée dans un débat avec les clients, qui souhaitaient la voir danser. Constance releva un sourcil. C’est vrai que cette serveuse n’était pas trop moche à regarder. Logres avait bien planifié son coup. Il avait fait une très bonne affaire en l’engageant. Et puis elle était futée. Doubler le prix des consommations et que les clients acceptent, fallait vachement qu’elle sache gérer l’affaire.

“▬ Êtes-vous pressée pour votre commande ou puis-je exécuter une danse pour les autres occupant de la salle avant de m'occuper de vous?

Constance se leva, replaça son manteau sur ses épaules et hocha la tête.

« Rien de pressé ma belle, prends ton temps. Sauf que j’ai pas l’intention de payer le prix fort alors je te regarderai pas te dandiner. À la place je vais aller moi-même chercher le poisson. Garde ma place au chaud. »

De toute façon, elle aurait pu perdre une main en nourrissant ses bêtes. Logres aurait été contrarié. Et elle-même aussi. Si ses ours attrapaient une réputation de mangeurs d’homme, elle serait mal barrée pour ses prochains spectacles. Avant de sortir, elle leva la choppe d’ale qu’avait posée la serveuse sur sa table et la vida d’un trait. Elle le reposa avec un grand soupir de contentement.

« Excellente. Dans quinze minutes je serai de retour. J’en veux une autre. »

Sur ce elle tourna les talons et sortit comme elle était entrée; avec bruit et fracas. Elle gagna rapidement la demeure du poissonnier, une petite cabane tout près de l’eau, juste un peu plus haut sur le chemin. Elle lui dit qu’elle venait de La Peur de l’Or et qu’il pouvait mettre la commande sur le compte de l’auberge, que Logres défraierait en temps et lieu. Dix minutes plus tard on lui fourgua dans les bras une grosse caisse en bois remplie de poissons frais. Enfin frais … c’était probablement le seul aliment auquel on pouvait attribuer ce qualificatif sans que ça sente pour autant la rose. Revenue sur le terrain de l’auberge, elle alla derrière. Ses bêtes étaient sagement couchées l’une sur l’autre et relevèrent la truffe en la voyant venir avec leur repas. Elle posa la caisse devant eux et resta debout devant juste un peu pour les faire patienter, puis elle leur fit signe et les regarda engloutir le poisson avec appétit.

En poussant la porte de l’auberge, elle entendit quelques éclats de voix masculines. Tout le monde avait l’air d’excellente humeur. Sans regarder rien ni personne, elle retourna s’asseoir à sa place. La bière n’était pas là à l’attendre mais c’était sans doute mieux ainsi; boire plus d’une choppe alors qu’elle avait le ventre vide n’était jamais une très bonne idée. Elle tapota le bois de la table avec le bout de ses doigts et attendit. Elle devinait derrière elle le spectacle de la jeune femme en train de danser. Mais pas question qu’elle regarde; elle ne paierait certainement pas le double du prix parce qu’une jolie paire de gambettes s’était faite aller sur le plancher de l’auberge pour le plaisir de quelques hommes. Constance eut une petite pensée pour les femmes mariées à ses hommes. Pour sûr, elle ne se marierait jamais. Se marier équivaudrait à lui couper les ailes de sa liberté. Et cette liberté, c’était la chose à laquelle elle tenait le plus au monde.

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Ordinaire journée [Pv: Constance de Montesquieu]

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